Aria Persei

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Surmonter l’esclavage sexuel et le trafic d’enfants: l’histoire courageuse d’Anneke Lucas

Anneke Lucas est une voix qui apporte de la lumière sur les réseaux de trafic sexuel impliquant des enfants, tenus en place par des psychopathes aux rennes du pouvoir ou qui agissent dans les coulisses. De 1969 à 1974, entre 6 et 11 ans, en Belgique, dans les pays voisins ainsi qu’aux États-Unis, Anneke a été utilisée comme esclave sexuelle par des hommes politiques, des premiers ministres ou des présidents de race blanche de haut rang. Personne n’a jamais dit non. De nos jours, les enfants sont une denrée précieuse au sein de ces réseaux qui se cachent derrière les portes closes. Des atrocités ont lieu dans les plus belles demeures du monde. Anneke Lucas participe aujourd’hui à la sensibilisation sur le thème des psychopathes au pouvoir et sur la nécessité de scruter nos propres dynamiques internes de pouvoir.

Les données contenues dans cet article ont été recueillies en partie suite à la vision d’un entretien-reportage de Collective Evolution mené par Richard Enos distribué début 2019. Dans cette entrevue en 4 parties, Anneke Lucas est revenue sur son expérience en tant qu’enfant victime d’un réseau pédophile meurtrier, avec les pires atrocités que l’on puisse imaginer, y compris son viol de 6 à 11 ans par plus de 200 hommes et une torture sur tous les plans, spirituel, psychologique et physique. Enfant, elle fut envoyée dans des orgies. Tant de gens tournent la tête pour rester aveugles car il est difficile d’ouvrir les yeux sur le monde tel qu’il est et sur ce qui se passe réellement derrière les apparences et les façades les plus opulentes. En acceptant la réalité de ces situations dans ce monde, il faut aussi accepter le fait que certaines personnes ne ressentent pas une once d’empathie pour leurs semblables, et n’ont aucune pitié pour les enfants innocents qu’ils brutalisent.
Une enfance en tant qu’esclave sexuelle

Anneke Lucas a été mise en faveur par 2 de ses abuseurs. En passant du temps avec eux, elle a pu mieux comprendre leur psychologie et leurs esprits tordus. Le premier (qu’elle considéra comme une figure paternelle) était un ingénieur social qui contrôlait des politiciens de haut rang. Il travaillait dans les coulisses pour mettre en place un agenda sombre qui renvoie au Vatican et se perpétue de siècles en siècles. Elle fut envoyée en Allemagne où elle fut soumise à des tests et à des entrainements qui montraient une très intime connaissance des moyens avec lesquels on peut diviser l’identité d’une personne en sous-personnalités (alters). Des associations ont été créées en elle (pour l’encourager au suicide sous certaines circonstances) alors qu’elle était sexuellement stimulée. Une programmation lourde a été répétitivement utilisée sur elle, pour lui faire croire qu’elle n’était qu’une prostituée et qu’elle ne valait rien. Grâce à ses expériences au sein du réseau, Anneke est devenue très douée pour repérer certaines caractéristiques chez les hommes, leurs points faibles ainsi que leurs préférences sexuelles.

Dans le réseau, les enfants apprirent à éviter de nouer des liens étroits entre eux par peur de souffrir davantage. S’ils faisaient preuve d’empathie les uns envers les autres, ils étaient sévèrement punis. Au cours des 5 années qu’elle passa là-bas, Anneke fut témoin de meurtres d’enfants. Au fond du cœur, elle s’est toujours souciée de ces innocents, alors qu’elle ne se considérait pas comme ayant une quelconque innocence à l’intérieur d’elle. Elle était envoyée aux invités VIP qu’elle devait mettre à l’aise pendant que des photos étaient prises et pouvaient servir s’il besoin était de les faire chanter. Dans les années 1990, en Belgique, le cas de Dutroux a été couvert par les médias pendant plusieurs mois. Dutroux a bien dit qu’il avait des amis haut placés et il a également mentionné un réseau caché avant de révoquer sa déclaration. (Note complémentaire: Trente personnes sont décédées au cours de l’enquête et disposaient d’une preuve potentielle de l’existence du réseau. Ces décès suspects figurent dans un livre de Douglas De Coninck.)

Transfert de traumatisme
Celui qu’elle appelle ‘le gangster’, son deuxième gardien abuseur, la poignardera, violentera et aura des relations sexuelles avec sa mère devant elle. Anneke apprendra plus tard qu’il fut lui-même violé très jeune par ses deux parents, isolément. Alors que d’autres enfants étaient forcés de la torturer avec intention ultime des abuseurs de l’éliminer, Anneke vécut une expérience mystique d’amour et d’aide divine, percevant les êtres comme des formes d’énergie en dehors de la polarité du bien ou du mal. Le gangster se sacrifia pour sauver sa vie et perdit son pouvoir au sein du réseau. Il lui confia son histoire d’abus dans la honte (il fut lui-même poignardé par son père à l’âge de 12 ans et victime d’inceste par ses deux parents). Avant de partir, Anneke devra cependant payer un lourd tribut pour sa liberté en devant poignarder (à mort) elle-même une autre enfant. Elle garda les stigmates d’une culpabilité énorme. Elle fut relâchée avec des instructions sur la façon de mener sa vie (se tenir éloignée de toute addiction, pas de services sexuels contre de l’argent, quitter le pays, épouser un homme issu d’une grande famille bancaire et garder le silence sur le réseau).
La mère d’Anneke était du côté des coupables. Née en 1939, elle était un être extrêmement abîmée. Son père fut prisonnier de guerre dans un camp de concentration. Sa mère mourût alors qu’elle n’avait que 5 ou 6 ans, le moment où elle confia Anneke au réseau pour la première fois. Il ne fait aucun doute que la mère a été elle-même victime d’abus sexuels. Elle continuera à se comporter comme une enfant de 5 ans sur-sexualisée qui projette toute sa haine sur sa propre fille. Une fois, pour la punir, il est arrivé à cette mère de priver Anneke de nourriture pendant un mois. Sa mère la ramènerait également chez ses agresseurs même après la remise en liberté d’Anneke. En tant que petite fille, Anneke se souvient avoir reçu l’amour inconditionnel d’une femme qui en était la gardienne au cours de sa très petite enfance.

Le chemin de la guérison
En 2013, Anneke commença à parler de son histoire, après un énorme travail sur le recouvrement de ses souvenirs enfouis. Elle se souvint de la façon dont elle essayait de connecter avec ses abuseurs et de la manière dont leurs consciences fusionnaient des deux côtés de la polarité victime/bourreau. Elle a également développé le syndrome de Stockholm, un état maladif qui fait que les otages développent une alliance psychologique avec leurs ravisseurs en tant que stratégie de survie. De 11 à 49 ans, Anneke porte un très grand fardeau de culpabilité et de peur d’être elle-même persécutée pour ce qu’elle a été forcée de commettre. A présent, elle sensibilise sur la nécessité d’examiner de près les dynamiques du pouvoir en nous, notre propre structure interne afin que la structure externe (et le contrôle mental) ait de moins en moins d’emprise sur nous.
Psychopathes au pouvoir
« Au moment où ils arrivent au pouvoir, au moment où ils arrivent à une place où ils pourraient faire une différence, tous les politiciens sont complètement corrompus. Si ce n’est pas le cas, ils ont été évincés ou bien ont été éliminés », renseigne Anneke. « Il n’y a pas moyen de finir au sommet avec un bon coeur. Les dirigeants actuels sont les mêmes que dans les années 1970. Plus l’on s’élève et plus l’on doit renoncer à son intégrité. Plus on est haut et plus on est compromis. C’est naïf de penser que les personnes au pouvoir peuvent réellement apporter un changement. Nos leaders sont émotionnellement infantiles mais ils sont très malins. Les psychopathes sont des êtres très malades et on nous a tous injectés cette maladie. Grandir consiste en grande partie à ne plus rien ressentir et à rester ignorants sur qui nous sommes vraiment et surtout sur la nature non physique de notre être. » Il n’est pas étonnant que le monde aille si mal avec, au premier plan, des psychopathes dotés d’une grande intelligence et d’une dépendance au pouvoir maladive. Nous élisons des abuseurs et nous donnons notre consentement à être abusés en tant que race. «Pour tous les abuseurs, il y a toujours un contrat. C’est comme s’ils regardaient des parties d’eux-mêmes, une partie qu’ils ont besoin de rejeter, de critiquer ou de juger. C’est ce dont ils ont peur dans leur propre conscience. Dans mon histoire, quoi que ces auteurs aient jamais demandé, cela venait toujours d’une partie très jeûne d’eux-mêmes qui s’exprimait. Si chaque personne devenait autonome de l’intérieur, il n’y aurait plus besoin d’une autorité externe qui établisse les règles et abuse du pouvoir », déclare Anneke. « Les personnes faibles ont le pouvoir et perpétuent la structure d’abus qui fait souffrir la majeure partie de la population. Il n’y a pas de vraie démocratie. On veut nous faire penser que nous avons le pouvoir par le vote. Mais sachez que l’acte de voter ne fait aucune différence. Ce faisant, vous ne faites que donner aval à ce système. Ce n’est pas une démocratie qui dirige, c’est un groupe satanique de personnes qui se sent dans son bon droit. Parmi eux, l’arrogance est la caractéristique la plus répandue. Cette arrogance, c’est un signe qu’il y a une douleur à l’intérieur qui n’a pas été adressée, traitée et résolue. »

Le contexte belge dans les années 1970
Interrogeons-nous sur ceux qui dirigent politiquement nos pays et les jeux de pouvoir et d’ego macabres qui se cachent derrière la luxure des châteaux et des soirées secrètes. Cet article (lien) révèle beaucoup sur l’envers du décor de la politique belge des années 1970. Il n’est pas difficile ni imprudent d’étendre ces prises de conscience et conclusions à la politique belge actuelle, car l’accès au pouvoir est toujours régi par la corruption sous toutes ces dimensions. Ouvrons les yeux sur le vrai visage caché derrière les faux-sourires, les faux-semblants, les duperies et les manipulations. Quiconque a fait l’expérience des manipulations sournoises de profils psychopathiques peut mieux comprendre l’étendue complexe de la projection de traumatismes de l’enfance, le caractère perpétuel du trauma irrésolu et étouffé et la dissociation profonde qui habite les bourreaux et qui fracture les victimes.

Sortir de la conscience de la victime
Anneke a travaillé pendant des décennies à sa reconstruction et à sa guérison. Elle a fait face au désir de vengeance après avoir été confrontée au mal dans la plus pure de ses formes. Cette expérience lui a fait comprendre ce qu’il se passe dans l’esprit des meurtriers et les raisons qui les rendent dépendants à ce moment où ils tuent, moment d’intense dissociation et de projection sur la victime: “chaque tueur tue symboliquement une partie de lui-même”. Sur son chemin de reconstruction, une thérapeute a travaillé avec elle dans un espace sécurisé et l’a honorée sincèrement. D’autres personnes l’ont également aidée à faire s’écrouler la conception biaisée de la structure de pouvoir qui vivait en elle, héritée de ses expériences traumatiques. Anneke a commencé à reconnecter avec ses ressentis (l’horreur, la douleur pour les autres, les trahisons). Son témoignage et sa compréhension de la psychologie humaine montrent comment des âmes traumatisées et fragmentées répètent et projettent leurs traumatismes à l’extérieur d’eux-mêmes. Au sein de ces réseaux, les victimes sont le réceptacle de toutes les projections des abuseurs, ce qui mène à une véritable tragédie. Après avoir fait un travail important pour sortir du lavage de cerveau auquel elle a été exposée, Anneke explique très bien la dissociation qui se produit à la suite d’un traumatisme et comment l’esprit se divise en différents alters. Son travail se concentre également sur la dissociation de la conscience de victimisation/bourreau: « au moment où vous pensez être une victime, vous vous préparez à blesser quelqu’un d’autre. » Anneke sensibilise également sur ce qui se passe lorsque nous admirons quelqu’un. A ce moment, nous le mettons sur un piédestal et déportons notre énergie hors de notre centre à travers cette projection. La personne peut avoir l’air plus attirante ou belle, c’est une vibration agréable comme une dose d’héroïne. Une vraie relation prend place lorsque les deux intervenants sont sur un pied d’égalité.

Pendant un temps après son exil, il fut nécessaire à Anneke Lucas de tout garder secret, sentant que sa vie était constamment en danger et dépendait de son silence. À l’adolescence, elle rencontra des personnes qui répondirent aux critères de guérison qu’elle partagera dans son livre sur le Modèle Inconditionnel (2020). Ces rencontres l’aidèrent à briser sa coquille, elles ne reposaient sur aucun jugement et la libéraient du paradigme sans fin ni espoir de la verticalité. Dès que nous méprisons quelqu’un d’autre, c’est comme si nous examinions des parties de nous-mêmes à partir d’un endroit fragmenté. Il n’y a pas qu’un seul moyen de réaliser les choses et ne pas imposer un point de vue à quelqu’un d’autre permet au plan universel de prendre sa pleine mesure. La dynamique du pouvoir se retrouve sous de nombreuses formes. Cela peut être lié au genre, il arrive aux hommes de mépriser les femmes lorsque, dans des conditions de vie difficiles, c’est le seul privilège qui leur reste. Ces privilèges (capacité physique, privilège externe, éducation, etc.) peuvent être utilisés pour éviter de ressentir la douleur d’un traumatisme et ils continuent certainement d’alimenter l’agenda des contrôleurs avec un sentiment de victime et d’impuissance. Anneke partage: « Je ne veux pas que quiconque se sente triste pour moi. Lorsque vous ressentez les sentiments qui ont été réprimés au cours de ces moments traumatisants, l’intégration se produit, le soi devient plus complet, la magie de changer au niveau cellulaire vous permet de voir le monde avec un point de vue différent. Je ne me sens pas du tout comme une victime, tout mon travail consiste à aider les gens. Je ne dis pas que je n’ai pas beaucoup d’éléments à l’intérieur de moi qui se sentent victimes et se sentent toujours comme cela. Il y en a beaucoup. En tant qu’adulte, je communique avec eux et les nourris, leur donne ce dont ils ont besoin. »

S’informer sur la mécanique des traumatismes, la projection d’ombres et le contrôle mental, les projets Monarch et MK Ultra est important. Même si nos histoires personnelles ne nous ont pas confrontés aussi directement à la psychopathie radicale comme ce fut le cas pour Anneke Lucas, nous avons tous été directement ou plus indirectement exposés à un certain degré de contrôle mental par le biais des médias, d’une publicité agressive et des systèmes éducatif, médical et judiciaire. Alors que nous projetons nos propres illusions sur le monde, nous sommes incapables de voir les sociopathes pour ce qu’ils sont et nous croyons aux duperies qu’ils nous servent. Il est important de parler et d’aborder ces sujets sensibles, non pas pour créer plus de polarité ou pour renforcer le triangle victime / sauveur / persécuteur, mais pour pouvoir reconnaître ce qu’il se passe, pour réclamer ces parties fragmentées de notre esprit et récupérer notre consentement délégué. Nous sommes dupés chaque jour d’innombrables façons; le déni et la dissonance cognitive sont des mécanismes de protection de la psyché mais ils se transforment en tombeau une fois qu’ils s’installent plus longuement que pour remplir leur fonction de survie.

Aujourd’hui, les abus envers les enfants sont en train d’être normalisés. Il faut faire preuve de prudence quand on se fait témoin de la diffusion d’idées et de concepts tordus autour de la sexualité des enfants. Au cours des dix dernières années, j’ai été témoin de l’augmentation de la virulence autour de ces questions, la programmation se faisant de plus en plus agressive. De nos jours, les pédophiles sont protégés par la loi. Ils ne sont pas punis par des sentences très graves. Nous devons parler de ce qu’il se passe réellement dans le monde, ressentir les états de peur qui nous habitent et parler malgré eux. L’approche d’Anneke Lucas n’est pas de dénoncer des noms, elle se concentre plutôt sur faire rayonner son impact sur le monde. Son travail serait ralenti par le drame ou les poursuites en justice qui pourraient résulter de pareilles dénonciations. Beaucoup de gens ne peuvent pas comprendre comment l’on peut en venir à de telles atrocités. Lorsqu’ils sont confrontés à la cruauté que d’autres frères et sœurs humains ont du affronter, les gens réagissent avec là où ils en sont. Le travail interne consiste à observer les éléments qui déclenchent une réaction en nous-mêmes et à les intégrer via un travail sur soi. Au fur et à mesure que notre conscience s’étend, le monde change à travers nous.

Abus sexuels dans le secteur du yoga et les mécanismes du déni
Au cours de son chemin de guérison avec le yoga, Anneke a rencontré différents types de gourous et a de nouveau été agressée sexuellement. Elle a publiquement écrit à ce sujet (lien) et a ouvert un espace d’expression autour de cette réalité dans le monde du yoga: « le déni peut être très fort, tellement fort que lorsque les victimes commencent à parler d’un gourou, les adeptes le défendent avec ardeur, trouvant des excuses à son comportement et accusant les victimes. Pourquoi est-il si difficile de sortir du déni? Parce que la réalité est que ce gourou, cette figure d’autorité, ne vous a jamais aimé. Pour vous réveiller de la protection d’un faux gourou, vous devez vous permettre de reconnaître que tout ce que vous chérissiez dans la vie était un simulacre, que votre gourou n’avait pas de pouvoirs spéciaux, qu’il s’était élevé au premier rang et se nourrissait de l’amour que vous lui donniez, comme ce fut le cas pour chaque personne qui vint s’abreuver auprès de lui. Pour vous réveiller, vous devez regarder la douleur à laquelle vous avez tenté d’échapper votre vie entière, une évasion dans laquelle vous avez trouvé ce gourou, peut-être votre carrière. Vous vous retrouvez dans une répétition des émotions de votre traumatisme d’enfance non résolu. Se réveiller signifie que vous devez reconnaître que toute votre vie a été investie dans quelque chose de totalement dénué de valeur et que vous n’étiez pas en train de grandir spirituellement comme vous le pensiez, mais que vous étiez en stand-by sur le chemin de guérison spirituelle et émotionnelle. »

Le déni est un mécanisme de protection pour survivre. Anneke écrit dans l’une de ses entrées de blog: « Qu’est-ce que le déni? C’est un état de traumatisme incomplet. C’est la condition d’être coincé dans la toute première phase d’un traumatisme non traité: le choc et l’incrédulité. C’est l’incapacité prolongée de croire que le parent que tu croyais t’aimer, n’a fait que t’utiliser. Le déni précède la guérison. Le déni est projeté sur tout ce qui concerne l’amour dans la vie adulte à travers la dynamique du pouvoir. (…) Un certain degré de déni est nécessaire pour survivre dans un monde qui, en ce moment, est toujours dirigé par des psychopathes, structurés entre eux pour mieux nous exploiter. Nous ne pouvons pas comprendre que le principal outil qui maintienne le système capitaliste occidental en place est la pédophilie. Il est trop difficile de croire ce que les psychopathes font. C’est trop extrême, trop tiré par les cheveux. Nous ne pouvons pas imaginer que les gourous et autres dirigeants sexuellement abusifs de structures de pouvoir plus modestes réussissent parce qu’ils reproduisent le comportement abusif des dirigeants mondiaux, de manière mineure, et qu’il est vraiment difficile de changer le court des choses. Il est plus facile de rester dans le déni, de blâmer les victimes et de les voir plutôt comme les auteurs de leur malheur; de suivre le paradigme du pouvoir vertical et de remplacer ce manque d’amour par du pouvoir et des privilèges. C’est par le déni que chaque personne devient personnellement responsable des ténèbres du monde. Heureusement, il y a de plus en plus de gens qui ont assez de courage pour commencer à changer. Il y a suffisamment de personnes qui peuvent affronter les monstres de leur propre passé et se libérer d’une vision enfantine des figures d’autorité. Nous sommes de plus en plus nombreux à nous réveiller de notre négation. »

Contribution d’Anneke

Anneke Lucas n’a pas fini son parcours de guérison, elle avoue toujours donner un peu de pouvoir aux abuseurs, à certains moments de son processus. Son courage et son dévouement pour retrouver ses souvenirs et surmonter la conscience de la victime et son aide envers d’autres êtres qui ont vécu des atrocités similaires sont de grandes inspirations. Elle aide maintenant beaucoup de femmes victimes de différents types d’abus et anime un groupe Whatsapp pour les victimes de violences sataniques. Chaque membre peut voir ses expériences de vie validées et reflétées par d’autres ayant eu à traverser des expériences traumatisantes similaires. Ceci a un pouvoir guérisseur. La voix d’Anneke est nécessaire pour mettre davantage en lumière tout programme de normalisation de l’exploitation sexuelle des enfants.

« Après 20 ans de pratique personnelle de yoga et cinq années d’enseignement, Anneke Lucas s’est sentie appelée à travailler avec les personnes incarcérées en 2010 et a commencé à faire du bénévolat au Bayview Correctional à New York. En 2011, elle commence à mettre sur pied des programmes dans différents établissements, réunissant des professeurs de yoga, des travailleurs sociaux et des psychologues et les entraînant à appliquer l’approche. En 2014, elle fonde Liberation Prison Yoga, une organisation à but non lucratif dont la mission est de desservir les prisons, proposer des programmes de yoga aux personnes incarcérées; former des instructeurs de yoga à travailler au sein du système pénitentiaire et éduquer le public sur le yoga en tenant compte des traumatismes. Les programmes peuvent également inclure une discussion, l’écriture libre ou d’autres modalités de guérison. Anneke a développé le Modèle Inconditionnel. Ce modèle met l’accent sur la nécessité pour les prestataires d’un service d’être présents inconditionnellement auprès de leurs clients, étudiants ou participants, en tenant compte de la dynamique du pouvoir pour aider à inverser les conséquences d’un traumatisme. Anneke travaille actuellement sur un livre sur le Modèle Inconditionnel. ”- from lovemadevisible

Anneke Lucas a transmuté une grande partie du traumatisme violent qu’elle a vécu au cours de sa jeunesse pour donner naissance à une contribution qui se concentre sur la racine du problème, à savoir la guérison d’une personne, d’un(e) détenu(e) à la fois. Beaucoup de femmes emprisonnées ont des antécédents de trafic sexuel. Il n’y a pas de groupe de soutien par les pairs pour les victimes de trafic sexuel à New York. À Rikers Island, Anneke Lucas en a créé un avec des survivantes et l’a dirigé de 2015 à 2016: « les femmes victimes de trafic sexuel se retrouvent souvent en prison, trop effrayées à l’idée d’abandonner ceux qui tiennent les ficelles ou bien trop attachées à eux. Cette période d’incarcération, loin de leur vie habituelle, peut leur offrir une occasion unique de guérison. » Le projet TESSA (Transformation et autonomisation des survivantes: de la honte à la sensibilisation) comporte deux premières phases: créer un pilote et prendre en charge la formation de 20 victimes du trafic à fin sexuelle. « Lorsque j’ai dirigé ce groupe, les femmes ont pu se reconnaître en tant que victimes, laisser leurs proxénètes, participer à des programmes de protection et cesser d’avoir recours à des substances pour gérer leur désarroi. Au début de chaque groupe, lors de la lecture de la définition de l’abus sexuel sur un enfant et du trafic sexuel, les survivantes se reconnaissent. Les émotions font surface. Entendre les autres à différentes étapes de leur guérison amène automatiquement la conscience de notre propre innocence. » En outre, le yoga peut avoir un impact profond sur le chemin de guérison. Cela a peu à voir avec les asanas, il s’agit plutôt de l’approche complète de la pratique et du fait qu’elle ramène au corps. C’est la voie à suivre pour un changement de paradigme: cela ne viendra pas de décisions politiques, mais du travail interne de démantèlement de chacun.

Partagez l’histoire d’Anneke Lucas, mon article et son site web 🌺. Anneke Lucas est sur Patreon, plateforme sur laquelle on peut soutenir la création de chacun de ses articles et de ses blogs à raison de 6 dollars par article. Les dons sont également bienvenus pour le projet TESSA (Transformation et autonomisation des survivantes: de la honte à la sensibilisation).

Le projet d’Anneke Lucas: Liberation Prison Yoga

Dans ce court documentaire émouvant, nous avons un aperçu de la vie d’Anneke Lucas à New York et comment elle introduit une pratique de connexion au corps via le yoga et la méditation dans les prisons. En travaillant dans ce genre d’environnement et en faisant constamment face à des auteurs de violence, c’est une partie de sa guérison sur laquelle Anneke travaille toujours, tout en apportant une contribution compassionnelle en retour; son objectif ultime étant d’arriver à une compréhension pour tous les êtres, même ceux dénoués de conscience.

 

 

 

 

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